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jeudi, mars 20, 2008

Au jour le jour


Madame Pha, connaissait bien Jean Michel et avait à cœur de nous manifester de l’amitié au jour le jour , une orange, une mangue , une serviette supplémentaire , un petit pain frais peut être …
Mais la ville faisait de même et offrait sans cesse ses trésors à peine cachés : la soupe du matin tout à côté, la petite couturière de quartier qui allait recouper ces manches bateau, assortir un haut, recopier un ensemble , les mob garées partout qu’il vous faut contourner comme dans un jeu de pistes , les trottoirs devenus des parkings et près du lac la masseuse amicale, le bar « avec vue » où lire les journaux , les bancs où regarder passer les gens, les commerçants si affables et souvent si généreux que vous en restez pantois ( une dame voulait bien découper des ceintures afin de récupérer un tissage pour me fabriquer des bracelets qu’il me tenait à cœur d’avoir) . Les « motorbikes » qui se frayent un passage sans vous effrayer pour autant, les cyclo-pousses qui à la queue leu leu promènent les hordes de touristes( souvent trop lourds, trop gras, trop grands et gros pour celui qui pédale) , les fruits de saison dégoulinants de jus , le beau visage des femmes , le regard des enfants , l’exceptionnelles présence des vieux qui marchent dans leurs têtes tels des sages avec dignité au milieu des décombres de leurs jeunes années, les quartiers si spécialisés,( nous faisions dans la dentelle ) , la beauté naturelle des jeunes femmes qui ne ressemblent en rien aux poupées sexy de Bangkok mais dégagent au contraire comme me le faisait remarquer jean Michel une indéniable force , une sorte d’assurance courageuse , d’estime de soi qui les rendent d’emblée respectables . Les ballades où l’on se perd, les petits dîners à la bière. Le silence tout à coup quand très tôt le festival des moteurs s’arrêtent, que les rideaux hâtivement descendent et que se tout se fait calme comme si nous étions revenus dans les années 50 dans une ville de province . Nous étions chaque soir couchés avant 22heures .Tout, tout tout , j’ai tout adoré à Hanoï. Le temps était assez gris mais ça n’avait pas d’importance et mon cœur bondissait de joie à chaque découverte qui au fond n’en était pas une tant je m’adapte facilement presque avec anticipation à cette vie d’Asie. Une chose que je n’ai pas aimée pourtant c’est de voir dans les caniveaux ou dans les poubelles chaque soir jetées des fleurs que je considérais fraîches, des roses magnifiques, pas encore ouvertes. Je crois avoir compris que comme les fleurs chaque jour doivent être renouvellees pour l’autel des ancêtres, elles sont jetées le soir pour être remplacées le lendemain matin. Il faudra que je vérifie. Moi j’aurais voulu les ramasser, refaire les les bouquets , les porter aux malades , aux mourants ou dans les bidonvilles …
-« mais de quoi je me mêle ???? » Elle nous embête cette fille. Qu’elle aille donc se faire voir dans la baie d’Along !

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