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mercredi, juin 22, 2011

Dernier tour de jardin

Celui d'un gendarme 

Celui d'un chauffeur de taxi-brousse 

Celui du paysan 

Celui du médecin-guérisseur ?
 
Celui d'un propriétaire de zébu peut-être ou celui d'un bouvier

Celui d'un chasseur de crocodiles 


Avant de boucler la valise je partage avec vous (histoire d'en faire le deuil !) quelques uns des aloalos plantés dans le jardin de Chez Alain. De jolies évocations de la vie quotidienne des défunts que l'on trouve sur les tombes du sud du Sud .

mardi, juin 21, 2011

Dernière soirée chez Alain

Demain vers midi je quitte cet hôtel dans un jardin où je viens de passer deux semaines 

Encore 3 ou 4 jours à Tana et s'achèvera l'année dite africaine 

J'ai eu sur cette table tout le loisir de m'étaler lorsque je n'étais pas trop endolorie pour travailler 

Jean François m'offre la dernière soirée et la dernière nuitée. Ça va de l'apéro au petit déjeuner au lit en passant par une méga fondue de zébu et bien entendu le rhum arrangé au gingembre... et par une séance photo et la remise de l'addition ! Merci à tous ici qui m'avez manifesté tant d'amitié.

21 Juin

 Voilà on y est
Aujourd'hui, ici, c'est l'Hiver
Je vous souhaite un bel été

En attendant le Waza

C'est une amie d'Alex . Quand je demande : quelle sorte d'amie ?  Elle est  de sa famille. Elle est celle qui lui trouve les clients waza  pour son taxi  et il est celui qui éventuellement la
leur présente. Disons qu'ils se soutiennent ! 

Elle porte un short blanc sur ses leggins noirs. Elle a 20 ans peut-être. Elle n'attend que ça, un Waza . Elle rit quand je le lui dis. Je ne sais pas ce qu'elle fait exactement mais il y a des tas de très jeunes femmes comme elle,  habillées de façon "limite" qui traînent aux abords des hôtels et des bars que fréquentent les étrangers blancs .   C'est une forme de  prostitution tellement ordinaire, fréquente, habituelle ici  qu'on ne l'appelle même pas comme ça.
C'est que c'est le  le seul moyen, disent-elles, d'espérer s'en sortir. Une femme de chambre dans un hôtel gagne  entre 30 et 60000 ariaris mensuels  (de 12 à 24 euros).  Les gens qui ont des postes à responsabilités gagneront au plus 100 à 120000 ariaries
Plus de la moitié sera consacrée au riz du mois. Dans ces conditions comment vivre, se déplacer, se vêtir , téléphoner, sans parler de s'éduquer, de sortir, de voyager, de lire ? Comme m'expliquait  Alice hier : élever seule un enfant à Mada c'est tout bonnement impossible, sans un Waza par ci , par là... Si le Waza ( le plus souvent piégé)  a fait l' enfant alors c'est le jackpot : le riz , le médecin et l'école au moins sont garantis... Alice, elle a un petit Christian de 3 ans, à demi italien... Elle est heureuse . Le papa l'aide beaucoup. Mais en attendant le Waza qui, le plus souvent,  ici comme à Diégo, est vieux et ventripotent, toutes ces jeunes filles prêtes à échanger  leurs corps contre un peu plus d'aisance , fut-elle très temporaire,   ne risquent t-elles pas de perdre bien plus  encore que leur petite vertu ?   Elles n'ont pas l'air de trouver ça très grave .  C'est comme pourrait-on dire , "passé dans les moeurs".  Personne ne songerait à les critiquer ou à les protéger  . C'est considéré ici comme un simple échange de services . Moi, pas toujours très fière de mes congénères
! .

lundi, juin 20, 2011

Le choix de Léon Jules

J'avais offert à Léon -Jules (ici avec un enfant de son quartier)  les sous pour qu'il s'achète un portable,  le sien étant définitivement HS. Mais il ne l'achetait jamais : jeudi, vendredi, samedi... il continuait d'emprunter celui de sa fille. Il a fini par me dire, comme je le pressais de questions, qu'il hésitait encore car il pensait que la réserve de riz ne serait pas suffisante pour aller jusqu'à  la fin du mois. Le sac de 50 kilos de riz coûte l'équivalent du plus simple téléphone portable. Mais comment pourrait-il mettre dans un appareil 50000 ariaris (20 euros)  quand il pouvait craindre que les 10 personnes qu'il nourrit 2  ou 3 fois par jour ne manquent de riz. Non! il ne parvenait pas à s'y résoudre :  Je n'aime pas, dit-il, quand les enfants raclent le fond de la casserole vide en disant qu'ils ont encore faim ... Il faut à cette famille 100 kilos de riz par mois. . Deux sacs pour 30 repas par jour (matin /midi et soir). Mais nous avons fini par nous mettre d'accord : lui achèterait le riz avec l'argent du téléphone.  Et moi j'achèterai le téléphone avec l'argent de Paris ! .


Back à Tuléar

Et de chez Alain où je suis encore pour deux nuits 

Je dis bonsoir aux  chiens d'Andrea qui à l'heure qu'il est doit avoir regagné ses pénates et retrouvé les bienheureux   qui ont le bonheur d'y être encore ....

Rentrer en ville

 L'oiseau de garde est revenu 
Et sous ce ciel de traîne 

Nous avons quitté le bonheur des dunes 

Remarqué quelques cimetières 

Croisé le bus de brousse qui partait vers St Augustin 

Dernier déjeuner


Un dernier déjeuner au paradis : calamars frits avec salade de tomates suivi de crevettes à la malagachie avec du riz.
A mourir !
 Un
Tout plein d'aimables confidences 

André va nous ramener elle et moi à Tuléar  parce que c'est galère sinon de quitter l'endroit par la mer 


Nous avions un nouveau copain : Benjamin , grand surfeur lui aussi  mais qui travaille aussi ici .
Comme Jean n'a pas cessé de me tirer la langue quand je le photographiais : tant pis pour lui : Je le"post" en petit !
On faisait une bonne bande pendant ces 24 heures . Merci à tous. 

Juste être

Vous voyez même sur le blog je n'arrive pas à quitter les lieux. J'ai fait trop de photos  ! 

Dès 9h Jean lui partait surfer sur la barrière de corail 

Mais moi à midi j'étais toujours au même endroit, avec mon Kundera  et le punch de rigueur  et non ! la vie n'était  pas ailleurs .

Que là, dans la beauté et la simplicité des tâches quotidiennes 

Ce matin

Mon Dieu que c'était beau là-bas ce matin 

Dans la douceur du jour nouveau 

Avec pas un bruit autre que celui de la mer.Comme c'était bien de se doucher au seau  sur un caillebotis

Et d'avoir des WC dans la cour ! 

Soirée à l'italienne

Avec tout le raffinement qu' Andrea sait mettre dans les détails 


Nous avons partagé ici tous les 6 un dîner royal de carpaccio de poisson  suivi de crabe en sauce 

Avant de regagner une case extrêmement propre éclairée aux bougies et de dormir bien au chaud bercée par le bruit incessant  des vagues comme dans un roman !

Retour express

Ça n'a surpris personne de me voir revenir 

Et surtout pas le chien 

Et je suis restée là béate à ne rien faire, à regarder la mer, sans même aller voir ma chambre
moulue, fourbue et courbatue que je suis depuis l'accident de lundi  
Jusqu'à ce que le soleil se couche 

Buffet dominical

Je me suis plus encore régalée de ce petit Yohann

Que du délicieux buffet 

Mais l'idée de retourner, bien que je n'aie rien sur moi  passer la nuit chez Andréa  me trottait dans la tête 
Et quand Jean François a proposé de me prêter des sous si je n'en avais pas et de me prêter aussi à nouveau le 4/4 et le chauffeur j'étais enthousiaste !

Ti Punch

C'est ce que je me faisais raconter pendant que le chauffeur attendait sur la plage 


pendant que je dégustais un punch excellent au miel

par les clients de l'endroit : un jeune belge et son amie Alice 

L'oiseau de service 

Et Jean  un surfeur de la Réunion qui vient ici  plusieurs fois par an (d'ailleurs il y laisse ses planches) accompagné de sa  charmante compagne marseillaise  Cathy 

J'ai passé là un moment délicieux dans une atmosphère quasi surréaliste et pleine de fantaisie.
Inutile de vous dire que je n'avais jamais vu un aussi bel endroit et que je n'avais aucune envie de m'en aller... mais 4/4 et chauffeur attendaient, me voilà donc, à la fois enchantée et un brin nostalgique, repartie comme prévu pour la Mangrove.