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vendredi, décembre 31, 2010

C'est la fin



Une partie du voyage a été difficile et il a fallu quelquefois que je grimpe la dune , à genoux , l’attelage n’en pouvant plus . Mais après être passé le long d’autres beaux villages peuls ou dogons ,nous y sommes arrivés en quelques 4 heures à Dourou dans un campement musulman où le dernier déjeuner nous fut servi dans le désordre à l’ombre du béton . Cette image de la mob au pied de la statue dogon donne une bonne idée de la vitesse avec laquelle dans les plus grandes villes on pourrait avoir envie de bousculer la tradition. Deux jeunes femmes ont demandé que nous les ramenions en voiture a Bandiagara , ce que nous fîmes . L’une d’elle avait sur les genoux un bébé mâle de quatre mois environ . Ses fesses nues fermes et rebondies soulignées d’une fine ceinture de coquillages, son sexe long et fin laissaient présager d'un avenir brillant aux alentours de 2030 !

Dernier équipage





Mais pour le moment personne ne veut s’en aller . On est trop heureux là tous ensemble alors on joue à réviser des proverbes, à dire des charades


"Celui qui le fabrique le vend. Celui qui l’achète n’en a pas besoin. Celui qui en a besoin ne le voit pas Qu’est ce que c’est ? "Réponse : un cercueil

Est-ce que l’A FRIQUE n’est pas exactement semblable à une pastèque : Un paysage vert. Une terre rouge. Et dedans plein de petits bonshommes noirs !

"Ce n’est pas en le lui ordonnant qu’on fera pondre une poule"

On ne peut assommer le serpent sans frapper le sol qui le porte (on ne peut critiquer quelqu’un sans attaquer aussi sa famille)

Comment pourrait-on faire pour qu’Abraham gagne assez bien sa vie pour améliorer son campement ? ne pourrait-il pas vendre en sus du droit d’asile , le bonheur qu’on a à traîner là ? une taxe de bien être en quelque sorte de 5 euros par jour par personne qui irait direct dans la cagnotte ? Il pense que les belles couleurs des plumes de la mésange ne poussent pas en un jour et qu’il faudra du temps à moins d’un miracle . Qui serait quoi ? un bienfaiteur qui ferait un don de 2500 euros, alors là il pourrait faire une salle de bain extérieure et y mettre une douche , sceller sur le trou qui sert de wc une cuvette de faience dont on casserait le fond pour que les excréments descendent en direct , on pourrait avoir de nouveaux matelas et des moustiquaires fraîches , peut être même un réfrigérateur à gaz ..Manquerait toujours un panneau solaire . C’est deux bienfaiteurs qu’il faudrait ! voilà de quoi nous parlions Ogodama et moi en partant vers Dourou un village du plateau où nous retrouverions un 4/4 venu à notre rendez vous en cette fin de parcours .

Changement d'attelage




Abraham m’avait empilé deux matelas dans une case en banco close, matelas de mousse recouverts d’un vrai drap et pour une fois j’eus si chaud que je transpirai abondamment chassant ainsi le rhume qui me tenait toujours ! Aussi c’est toute guillerette que je me levai le dernier matin de notre aventure pour petit déjeuner de beignets tièdes à la confiture de fraise . La nuit portant conseil Abdoulaye choisissait de rebrousser chemin et de rentrer chez lui avec zébu fourbu car la fin du parcours serait trop rude pour la vielle carne, pensait-il, à juste titre . A défaut de chameau, il nous fallait au moins un zébu frais et un âne docile attelés ensemble si nous devions mener à bien la traversée de vastes dunes sur nos 12kms de détour. Car pas question pour moi de grimperpar le raccourci de la falaise .
Saïdou prendrait la relève accompagné de son neveu, Zacharie, un enfant de 11 ans que j’aurais bien adopté sur le champ si je n’étais pas raisonnable et qui chantonnera tout au long de la piste .

Festin


Le poulet était maigre sans doute car Abraham en tua et en pluma finalement deux et à la lueur de notre unique lampe frontale nous fîmes un festin tous les trois, Abdoulaye (ici en photo ), Ogo et moi, à s'en mècher les doigts pendant que la petite troupe attendait les restes que nous laissâmes, rassurez –vous, intentionnellement copieux ! ,

Poulet -frites



Nous avons commandé dès le midi du poulet grillé pour le diner avec des frites de patates douces .Le poulet fut aisé à attraper. Vous le voyez ici prêt à être plumé par ce cher Abraham . Quand je me suis rendu compte que le petit frère de 11 ans ici en t-shirt orangé allait être expédié à Dourou chercher les pommes de terre, j’ai tenté bien sûr de le retenir car courir 10kms sous un soleil de plomb pour ramener 4 pommes de terres douces me semblait absurde mais il n’y a eu rien à faire : il paraît qu’il devait y aller de tout façon pour tenter de vendre au marché 3 calebasses 3 euros chacune !!!!

Laveuse d'occasion



La gentillesse et la générosité de cet Abraham est telle que la cour ne désemplit pas d’enfants , ceux de la famille certes neveux , nièces , cousins mais aussi leurs amis .Parmi eux 2 voisines un peu plus agées qui eurent pour mission de laver mon linge et qui n’en revenaient pas d’être payées pour ca ! il fallait voir leur joie quand Odo leur a donné 500 CFA ( 85 centimes à se partager = que j’ai doublés .


This young girl did wash my clothes and could not beleive that i would give her one euro to do so ! Her eyes were rolling with surprise ! The great smell such an happiness is still anchored in well washed my t-shirt!

Au campement d'Abraham





Et bien que le campement soit de loin le plus pauvre de nos campements ce fut sans doute l’étape la plus joyeuse de par le caractère jovial et généreux du propriétaire. Abraham et son frère Saïdou ont monté un lieu d’asile dans le plus bel endroit qui soit entre la falaise et la dune de sable qui vous transporte en plein désert à cent pas de là et n’ont visiblement pas les moyens de l’entretenir sans parler des moyens de l’améliorer . Un simple trou creusé à même le sable sert de WC et l’eau chaude que vous aurez l’aura été par le soleil dans le seau où vous la puiserez pour vous en asperger ; pourtant n’importe lequel d’entre vous serait là, ne voudrait que rester et s’y reposer . Abraham cherche désespérément comment conserver au moins le business en état mais sans argent comment faire ? Moins c’est entretenu et moins les clients viennent, moins ils viennent moins il peut songer à économiser pour entretenir. J’ai laissé une obole de 25 euros à mettre de côté dans une boite marquée : améliorations afin d’en attirer d’autres ! quand on sait qu’un sac de ciment vaut 11 euros le sac, on n’est pas arrivé ! Pourtant lors de mon voyage au Mali c’est Abraham que je choisirais d’aider. visiblement intelligent , il est allé à l’école a Dourou des années bien que cela signifie 5kms aller , 5kms retour en grimpant sur la falaise . Toutefois comme tous ces jeunes que je rencontre il ne lit pas de façon fluide mais mot a mot aussi n’en revenait-il pas que j’aie pu lire un livre entier de 220 pages sur l’épopée minguée en un après midi ! Il me demandait comment faire pour lire vite comme ça et surtout qu’est ce qui était important à retenir quand on lit . Etait-ce l’histoire, la syntaxe, le vocabulaire ou les idées que l’auteur veut partager ? Cher Abraham , tu es un trésor en soi , un fabuleux conteur et l’honnêteté en personne. Je vais trouver des moyens ( Allo Nadine ! ) de faire de ce campement l’oasis de l’entre deux mondes . Bien que je n’aie jamais eu la force physique de grimper en haut des sables et que j’ai dû me résoudre à attendre Ogo au pied de mon arbre.

Troisième main dogon




Abdoulaye remet le joug sur notre bête de somme et nous voilà en route pour Guimnini . Nous traverserons de très beaux paysages et passerons devant de bien jolis villages peuls Certains qui semblent sédentarisés vivent dans des huttes de paille qui ressemblent à de grandes ruches D’autres, nomades , s’abritent dans des tipis de paille aux abords des villages dogons au milieu de leurs troupeaux conséquents . Chacun semble y trouver son compte. Les bêtes apportent un fumier apprécié aux terres des agriculteurs qui sont heureux d’échanger des graines contre du lait. Pour ce que j’ai pu en percevoir en ne faisant que passer, les villages peuls sont fort bien entretenus et il y a beaucoup beaucoup moins d’enfants que dans les villages dogons . Il y a moins d’enfants par famille semble –t-il, ils sont habillés, et beaucoup plus propres que les enfants rencontrés précédemment. Ogo confirme cette impression . Les peuls régulent les naissances, sont plus aisés, réputés pour être extrêmement fiers et courageux et très attentifs à leur progéniture . Les femmes que j’ai aperçues semblaient moins lasses et plus démonstratives envers leurs petits que les femmes bambaras ou dogons ; grandes, minces , elles paraissent tout de suite élégantes, ont le teint plus clair que leurs voisines, le nez plus mince et plus droit et semblent parées ne serait-ce que pour piler le mil de grandes boucles d’oreilles et de nombreux bracelets. Je n’ai pas osé prendre de photos. Nous sommes arrivés hommes et bêtes épuisés au 3ème campement a Guimmini où nous allions rester jusqu’au lendemain matin, les seuls clients d’Abraham, un ami de lycée d’Ogodama.

mercredi, décembre 29, 2010

Deuxième campement





A Yabatalou nous camperons chez Mamadou et nous serons les seuls à nous y être arrêtés Il n'y a pas de lumière dans ces villages et nous sommes donc dans le noir le plus complet entre 6heures du soir et 6 heures du matin . La lampe frontale prêtée par MFB m'est donc fort utile . Mais je ne cesse de m'étonner de ce que à notre époque de technologies si avancées nos richissimes pays n'aient pas trouver les moyens d'équiper de panneaux solaires ces magnifiques villages coupés de tout. La nuit tombée . Mamadou à tâtons nous cuit un filet de zébu façon curry mais si ce n'est dû a l'obscurité , notre cuisinier doit être amoureux car ce sera immangeable pour être trop salé . A 8heures , que voulez vous faire quand il n'y a pas de livres et que vous ne parlez pas le dogon sinon vous coucher .. Cette fois Je demande deux couvertures avant d'installer ma moustiquaire sur le toit où j'aurai tant je suis toujours enrhumée un long tête à tête avec la lune encore bien pleine car entre éternuements et mouchoirs en papier l'insomnie s'installe . Les boules quies toutefois me couperont des rires des hommes qui boivent de la bière juste en dessous de ma couche rustique jusqu'au lendemain !

En route vers Iabatalou








Nous avons changé de charretier . Ali pour rester près de sa famille nous fait accompagner par son beau frère Abdoulaye . Il y a bien sûr beaucoup de belles choses à noter sur le chemin : la démarche altière des femmes qui portent de lourds fardeaux sur la tête mettant en valeur leur port de reines . Trois ou quatre petits derrière nus et noirs qui font tous ensemble leurs besoin près du même arbre . Un regard empli de reconnaissance pour un bic offert au détour d'un village . Le beau tronc des baobabs qui a été pelé pour fabriquer des cordes. Les branches de ces arbres majestueux qui servent aussi de grenier ça on y engrange la paille de mil qui sera ensuite distribuée parcimonieusement aux animaux dans les champs . Le chemin est de sable et le pauvre zébu a bien du mal à tirer la charrette et la vieille bien qu'il y soit exhorté par des oh et des of et des ov constamment . Sur le chemin, à la moindre rencontre, la ribambelle des salutations se met en route . c'est une longue litanie qui commence par Ousewo : comment ça va ? Mais ici c'est le début d'une longue longue litanie . Toi comment ça va ? ta famille ça va ? ta femme ça va ? tes enfants ça va ? ta récolte ça va ? ta santé ça va ? tes animaux ça va ? Ce qu'il y a de bien c'est que ça aille ou pas,la réponse est invariablement la même : ça va .Les enfants me le disent en français et en raccourci : ça va toi ? ça va bien ? ça va Bic ? ça va bonbon? avec leurs petites mains sales tendues et leurs magnifiques sourires roses et blancs. Super touchant .


Les gens sont si pauvres qu'il ne s'agit pas de venir carrier les belles dents de leurs enfants déjà mal nourris.Pas de bonbons donc à la grande déception des petits ! j'ai essayé les bics et les petits carnets mais c'est très rares de rencontrer les enfants 3 par 3 ; Vous en donnez a un ou deux et une douzaine arrive avec de joyeux cris de moineaux . Votre réserve s'évanouit . Alors vous devenez prudent Vous laissez plutôt un peu d'argent à l'instit quand il y a une école .

Le marché





Une sieste avant le départ sans oublier un arrêt obligatoire au marché me remit assez d'aplomb pour que j'envisage la suite avec bonhomie . Le marché du dimanche rassemblait toutes les femmes de la commune semblait-il . Chacune avec un petit quelque chose: du beurre de karité, des cacahouètes épluchées, des beignets , des bananes , du mil bien sûr et du sorgho, des petits tas de haricots ou de lentilles . Nous avons rencontré cette jeune femme avec son bébé fille prénommée Martine qui était l'enfant d'un ami d'Ogo , ce qui a permis un peu plus de prochitude car les dogons n'aiment pas trop être photographiés , inquiets de ce qui sera fait de l'image .





Le plus touchant en même temps que le plus inquiétant pour moi dans ce beau rassemblement hebdomadaire c'est de voir que deux femmes sur trois ont un jeune enfant accroché dans le dos ou pendu au sein . Et souvent un ou deux autres tout petits aussi qu'elle traîne par la main . tant et tant de ventres trop gros parce que bourrés mais mal nourris, tant et tant de beaux regards intelligents qui ne fréquenterons pas l'école . Tant et tant de bouches charnues et gourmandes à nourrir alors que délà le minimum est loin d'être garanti .

Festival de danse





Je souffrais hélas de cet état semi grippal , semi insolation pour assister le dimanche matin au festival de danse où s'exhibaient pourtant de grands talents autant sur le plan de la gestuelle que du son Mais le tam tam me résonnait dans la tête au rythme d'une tacchichardie qui ne cédait pas dans ce tumulte ! Il faisait déjà à 11h du matin une chaleur torride et au bout d'une heure de ce spectacle plus qu'énergétique je ne savais plus si au son de ces cadences endiablées je tremblais de fièvre ou si j'étais tout bonnement entrée en transe finalement !!!!

Le Campement Korkondo










C'est le nom du campement d'Ali . Quelle harmonie ! Bien sûr il faut comme toujours répéter les choses élémentaires : ne pas pisser dans la douche . Ne pas épuiser l'eau de pluie cadeau des dieux en la laissant couler . Néanmoins ce fut dans ce lieu très séduisant que dormant pour une première nuit à la belle étoile( visez l'échelle pour monter sur le toit -terrasse ) sans avoir pris la précaution de demander une couverture je me pelai de froid vers 4h du matin dans mon sac à viande de soie mauve et vietnamienne et que je me réveillai fiévreuse et enrhumée !

Endé


Nous allions passé la nuit chez Aly Wacka , de loin le meilleur campement que nous rencontrerions sur la route . Endé est un gros village , relativement riche de par l'artisanat . Chaque "caste" y a son quartier : les forgerons, les tisserands les cordonniers . Nous y aurons de la chance car nous y serons le dimanche , le jour du marché et le jour aussi où sont organisés des danses traditionnelles avec masques, costumes et musiques locales . Voici Ali notre charretier du premier jour, très beau , marié, monogame pour l'instant , 3 enfants .

Kani Kombole , Teli











Ce fut notre premier arrêt pour le déjeuner . c'est un des premiers villages fondés par les dogons après leur émigration du royaume de Mandé qu'ils quittaient pour fuir l'invasion musulmane. Dans la falaise on voit encore les maisons des "télems " ( ceux qu'on a trouvé sur place " en langage dogon . Aujourd'hui ces caves à même le roc abrupt servent de sepulture parfois au dogons . A l'étage du dessous ils ont bâti leurs gremiers.



Le campement de Téli où nous nous sommes restaurés était très simple bien sûr mais le matelas et un coca bien frais furent bienvenus avec la chaleur qu'il faisait .Lles repas qui nous seront proposés seront chaque jour les mêmes . Le midi : pâtes , riz ou semoule avec une sauce aux légumes . Le soir pâtes, riz ou semoule agrémentés de boeuf en sauce ou de poulet grillé . Ici vue de la terrasse d'un campement où en général nous dormirions : la cuisine . Il était 16heures avant que nous puissions en 2 4 pattes cette fois reprendre notre route vers l'est . Notre charretier Ali était venu nous chercher d'Endé le village où nous passerions la nuit .Avant de partir nous avions pris le temps Ogo et moi de faire un tour de village mais je n'ai pas réussi à filer habilement le coton , ce qui a bien étonné les enfants !