
Je voudrais prendre le temps de voir, d'entendre et d'être pour faire la preuve que la foi attire toute sorte de miracles.
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dimanche, avril 25, 2010
Quitter l'Inde

vendredi, avril 23, 2010
Réflexions ..Incompréhensions

Et ce que je comprends encore moins, c'est pourquoi les pauvres sont entraînés à être si fatalistes, si patients. Pourquoi ils ne se jettent pas sur nos coffre-forts. Pourquoi ils ne se jettent pas sur nous si égocentriques pour nous bouffer et nous laisser à demi dévorés exsangues sur les tas d'ordures qui nous ressemblent ?
"Aime ton prochain comme toi- même" . "Ne fais pas à l'autre ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse" ... Ça paraît cucul comme ça mais ca pourrait marcher . Le problème c'est que peu de gens s'aiment !!!
Départ précipité
Et Nadine avait raison . Quand nous sommes arrivées à l'hôtel le groupe était parti! Parti à l'aéroport ... Un groupe de quatre y était depuis le matin , essayant d'embarquer . Il y avait eu un avion pensable, possible, probable puis confirmé. Françoise en avait été avertie en plein shopping sur son I phone international ! Moi j'avais sottement laissé le portable à l'hôtel... Inutile de vous dire qu'il y a eu un moment de panique. Nadine a sauté dans le premier taxi , dans l'idée de rattraper le groupe . Inscrite sur la même liste , elle avait une chance d'embarquer si toutefois elle arrivait à temps . Je suis restée toute seule d'une seconde à l'autre et ai été bien rassurée quand Françoise m'a appelée de l'avion sur le point de décoller pour dire que non seulement Nadine était dedans et qu'elle allait même voyager en classe affaire !!! Classe affaire ou pas ... Bloqués du vendredi matin 16 au mercredi après midi 21 je pense que tous ceux qui ont pu être avertis ont été soulagés de voler vers Roissy pendant que je continuais d'errer dans les rues de folie de Delhi ! J'ai croisé par la suite cinq personnes qui,elles, ne l'avaient pas su ou avaient choisi de rester attendre l'avion prévu du vendredi pour le rapatriement .
Mercredi 21

Le 21 avril , un mercredi, l'anniversaire de Némo , la certitude qu'il n'allait pas venir . Nous sommes parties toutes les trois Nadine , Françoise et moi dans une boutique de tee-shirts new-âge du côté de Connaugh Place . J'ai trouvé une canne pour remplacer le grand bambou, qu'un vieux m'avait donné, et acheté un peigne . Puis nous sommes allées dans un petit marché . Françoise faisait provisions de cadeaux pour les uns et les autres de son entourage . Ça ne nous disait rien de Shopiner . On a fini par la laisser pour aller boire un café frappé . Elle viendrait nous rejoindre au café . On l'a attendue des heures . On a regardé les gamins entre 7 et 10 ans se quereller pour vendre leurs colliers 10 centimes pièce alors qu'ils ont du mettre des heures et des heures à enfiler ces perles. On s'est fait avoir en payant 3 euros un gratte tête qui nous a été proposé ensuite pour 80 centimes. On a même fini par se faire une frite au Mac Do !Tout en regardant la rue préparer la Révolution . Françoise n'est jamais venue . Nadine trouvait ça bien étrange et suspectait le pire ! Vers 2 heures et demie on s'est décidé à regagner l'hôtel .
Francoise


Il y avait dans le groupe des tas de gens intéressants , entre autres, un Ludo ludique, une sage Suzanne , une Martine coquine et bien d'autres gens étonnants que je n'ai fait qu'entrevoir et puis il y avait Françoise . Une jeune femme de Lille , joyeuse et grave à la fois, avec une belle allure , un port de reine, une jolie silhouette et un regard qui en disait long sur la profondeur et les bleus de l'âme . Nadine s'était liée d'amitié avec elle depuis que dès le premier soir de mise en attente elles avaient partagé la même chambre d'hôtel, donc c'est avec elles deux que je passais le plus de temps avec cette sensation profonde de connaître Françoise depuis longtemps. Et le vif souhait ne pas la reperdre. Il y a quelques années je me disais que je n'avais plus de place dans ma vie, dans mon cœur pour de nouveaux amis mais elle a dû s'étendre, il a dû s'ouvrir parce que pour Françoise j'ai eu tout de suite toute la place !!!
Errances du mardi
Pas grand chose à faire dans Delhi par 46° ( un record des 100 derniers années). Nous errions dans les rues, hallucinant devant la saleté, la misère, la pollution, la poussière, la chaleur et le bruit. Un déjeuner par ci et un dîner par là. On a trouvé de la purée , enfin de la patate écrasée au Malhotra et deux repas de suite ça a suffi à mon bonheur ! Les femmes ici sont cantonnières. Il y en avait deux qui lissaient près de chez nous le ciment de la nouvelle rue. Pour le reste c'était le chaos. Des familles entières qui dormaient dehors face à l'hôtel sur des lits de fortune , bancales le plus souvent. Comme si le monde entier errait dans le désordre. Dans l'attente d'une forme d'humanité, dans l'espoir d'une bonne fortune, dans l'espérance d'un brin de charité . J'en appréciais d'autant plus la gentillesse du gamin qui tenait pour son frère la boutique internet Vodafone de la rue, Ashich, 17 ans, plus qu'accueillant: bon . IL était comme un oasis pour moi dans cet environnement chaotique . Qu'il en soit remercié. Les gens bons ne se rendent pas compte de combien ils changent la vie de ceux qui les entourent. Il me semble que de plus en plus je me focalise là- dessus : l'amour et la bonté. Les effets de ces deux états d'âme me fascinent . Persuadée que je suis que tout malignité retarde le travail de l'ensemble , je ne vois plus aucune sagesse à perdre du temps à écouter des gens qui ne sont là que pour critiquer et vous démolir , fussent-ils de vos propres familles . Attentive je regarde au contraire les gens bons, je me tourne vers ces gens de bonne volonté, bienveillants, lumineux ( ex: Régis) qui sans même s'en rendre compte, d'un mot juste, d'un regard, d'un sourire, d'une attention font avancer le monde en nous rendant meilleurs.
Retour à Delhi
Adieu vaches, babas, cithares et bougies . Le lundi soir je suis revenue à Delhi en taxi rejoindre la troupe qu'"Air India" avait délogée de leur premier asile de luxe ( un mille étoiles !) et prié de se reloger lui -même pour un temps indéterminé . Un des membres ayant déjà séjourné au "Sun Village" y entraîna les autres et une vingtaine de personnes purent y installer temporairement leurs pénates pendant que quelques autres se logeaient dans les hôtels environnants . Il faut dire que dans ce quartier de Pahar Ganj les hôtels ne manquent pas . Les touristes non plus . La rue était en travaux . Mais c'était celle attenante au "MY Pub" de notre premier soir de folie . Au moins nous n'étions pas perdues . Nous étions juste à côté de l'Impérial cinéma et du restaurant Métropolis : au centre du centre quoi ! Et c'était très sympa de se retrouver au milieu d'une bande de français ( entre 20 et 80 ans ) chacun avec son histoire particulière , chacun avec ses bonnes raisons de rentrer au plus vite. Dans la chambre de Camille et de Solange les deux plus jeunes filles du groupe il y avait encore un 3ème lit vide que j'ai squatté sans embage, chambre 207 ! Nous avions le bonheur d'y avoir un réfrigérateur et de déguster notre ananas bien frais en nous racontant des histoires ... d'amour évidemment ! Celles des autres de préférence.
Verte au Green hotel !
Mais malade comme j'étais entre diarrhées et vomissements je pensais encore que ce retard n'était que passager, ennuyeux certes mais arrangé à très court terme. Nous devions rentrer à Delhi le dimanche après midi de façon à ce que l'anniversaire étant organisé je puisse à 6 heures du matin être a l'aéroport pour accueillir Emma et Némo le lundi 19. Mais j'étais tellement exsangue que je ne pus partir alors Amit reprit la route pour être à bon port quand ma famille arriverait. Il les accueillait, il reprenait la route et me les ramenait. Moi j'étais là dans une chambre agréable à attendre que le corps, malin comme il est, rejette tout ce qui l'encombrait. J'ai rarement en 4 ans de voyage -et pourtant j'ai rencontré des gens gentils partout- rencontré une équipe aussi bienveillante, attentionnée et efficace que l'équipe de ce Green Hôtel ( Swargashram ). Le fort malaise a duré 24 heures et le dimanche avant midi je pouvais, enthousiaste, commencer à organiser l'anniversaire parce que même si je savais déjà qu'il n'y avait pratiquement aucune chance que le vol du dimanche ait lieu, je comptais encore dur comme fer sur le vol du lundi ! Il ne m'est jamais passé par l'esprit qu'aussi bien ils ne viendraient pas du tout mes deux chéris et c'est pourtant ce qui allait arriver.
Pas de vols possibles , pas de possibilités de repousser le voyage dans la semaine pour au moins venir ici le vendredi 23, le samedi 24 même, pour qu'on puisse utiliser au moins les vols payés pour Colombo et passer quand même ensemble la semaine du Sri Lanka où j'avais pour eux deux organisé aussi tout un tour de magie . Dans le baba !
Rischikesh
C'est en partant pour Rishikesh le lendemain matin que j'ai commencé à me sentir malade. Rishikesh n'est qu'à 28kms d'Haridwar. A 356 m d'altitude sur les tout premiers contreforts des Himalayas au milieu de magnifiques forêts la cité des Rishis doit sa grande notoriété au fait que dans les années 60 les Beatles venaient y voir leur maître en méditation transcendantale . C'est aujourd'hui la capitale mondiale du yoga avec toutes sortes d'écoles et l'on croise dans les rues encore pas mal d'occidentaux en quête de révélations . Comme dit le guide " il y règne une atmosphère baba et bon enfant" . C'est tout à fait ca sauf qu'à cause du grand festival d'haridwar tous les sadhus semblaient s'être donné rendez vous ici ! Hors festival il se peu que ce soit paisible. En tous les cas c'est là dans une chambre du super "green hôtel" que j'ai réalisé ce qui se passait en Islande . Ma dernière fille m'avait bien dit qu'elle se demandait si ses enfants Camille et Nicolas pourraient comme prévu partir en Irlande le dimanche . Elle m'avait dit ça le 15 mais sans télé, sans nouvelles je n'avais pas mesuré du tout du tout l'ampleur de l'évènement ni ses nombreuses conséquences... J'étais couchée because colique quand j'ai appris samedi soir par un mail de son mari Roger que Nadine était toujours à Delhi coincée pour plusieurs jours peut être avec un groupe de français de 43 , relogés pour 48h dans un hôtel de luxe en attente de pouvoir décoller .
Haridwar
Hariwar est une ville extraordinaire . Comme nous y sommes arrivés à la tombée de la nuit c'en était d'autant plus spectaculaire car c'est une ville de lumières . Des milliers de saints y vivent et des milliers pèlerins y affluent à longueur de temps aussi il y règne une ambiance très particulière de ferveur . Il n'y a comme à Varanasi rien d'autre à faire que de contempler la vie . Bien sûr il y a quantité d'ashrams qui proposent toutes sortes de cours de yoga , de phytothérapie, d'herboristerie... Il y a de nombreuses écoles et à en croire les affiches c'est un peu le supermarché de la spiritualité. Comme c'était le Kumbh Mela l'ambiance était plus folle que jamais et j'ai cru qu'on dormirait nous aussi sous la tente tant les hôtels étaient pleins. Amid finit par nous trouver une chambre à un grand lit que nous dûmes partager tête-bêche, ce qui ne nous a pas empêché de dormir ! Il se racontait dans la ville que c'était forcément l'ardeur mystique de tous les saddhus réunis qui avait provoqué l'éruption en Europe . Pourquoi pas ? Que tout soit lié ne fait aucun doute .
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