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jeudi, avril 22, 2010

Un autre tour de roues









J'avais tant apprécié de faire le tour de la ville en moto que je voulais faire partager cette agréable expérience à Nadine. Les deux frères des " backpacher's travels" ayant une moto chacun ça tombait bien . Nadine derrière Rajesh et moi derrière Mooglie nous voilà en selle pour un tour de 5 à 6 heures . A nouveau les montagnes d'ordures , le quartier chinois , la rivière Hoogly , BBD Bagh ( quartier chic de l'administration britannique), le quartier des potiers mais aussi le marché aux fleurs , le Victoria Palace, la cathédrale St Paul, le palais de marbre, les arbres qui poussent sur les façades. Nous aurons tout tout tout vu ou revu à Kolkata . je dois dire que Nadine a autant aimé que moi les fiers Bengalis et leur ville tonique et vibrante .

Quand le fils de Rajesh est né , il a été un moment privé d'oxygène : il ne se teindra jamais debout mais sa joie de vivre a ravivé la nôtre

Le temple de Kali


Dans un de ces quartiers inoubliables et fascinants par toutes les images que l'on y emmagasine , le temple de Kali , recouvert de céramiques . Nous y sommes arrivées un jour de sacrifices . Les gens se tenaient là avec leurs biquettes pas du tout prêtes à être sacrifiées. Les pauvres bêtes essayaient de se débattre quand elles se voyaient diriger vers le trou de la guillotine installée sur un rocher dans la première cour ! Hélas la main de l'homme est toujours la plus forte et celle du bourreau ne fait pas de cadeau . Un coup de hachette et tombe la petite tête . Les corps sacrifiés seront ensuite emmenés au KHALI Ghat voisin pour la crémation . Il n'y a pas si longtemps les sacrifices étaient humains . Ah ah biquette biquette ! Tant qu'il y aura toutes ces superstitions, tu ne sortiras pas de ce trou là !

Chez la Mère Thérésa





Bien sûr notre chauffeurde taxi aussi m'avait reconnue et nous fut bien reconnaissant de lui payer la course à la gare pour le rendez-vous manqué et appelait chaque matin pour savoir ce que nous allions faire . Nous nous fîmes conduire le 3eme jour " at the Mother's home " comme ils disent ici " à la maison de la Mère". Nadine avait apporté un paquet de vêtements de France qu'elle souhaitait déposer aux Sœurs de la Charité . Nous voilà donc devant la porte de la maison que Mère Thérésa occupa avec ses compagnes ...Beaucoup d'émotion je dois dire à s'incliner devant sa tombe élevée dans une grande pièce du rez de chaussée et à suivre retracées en images les principales étapes de sa vie de service mais plus d'émotion encore à emprunter le petit escalier qui mène à sa chambre-cellule que l'on peut voir derrière une porte à barreaux : une table et un banc, un lit , un petit bureau, un crucifix, une couronne d'épines , une photo de Thérèse de Lisieux , quelques dossiers dans des classeurs de carton. L'essentiel . La simplicité même . De l'ordre évidemment. De l'harmonie. Une impression de calme. Une trace de détermination. Un parfum d'amour encore vivant. Cette année fête le centenaire de sa naissance en Albanie ."Nous avons été créés pour les plus grandes choses ,disait-elle, pour aimer et pour être aimés... Aussi ne soyons qu'un coeur empli d'amour a l'intérieur du coeur de Dieu et partageons notre joie de vivre en partageant, en nous aidant, en nous aimant et en nous servant les uns les autres"
Je ne vois pas non plus ce qu'il y a de mieux à faire .Il n'y a m^me pas besoin de venir jusqu'à calcutta pour faire tout ça.
(www.mothertheresa.org)

Epaule disloquée





Une fois le bébé de la plus jeune maman (20 ans , croit-elle mais elle n'a jamais trop bien su quand elle était née elle même)a pleuré toute la nuit . Excédée de n'avoir pas dormi,la mère ne l'en secouait pas moins au petit matin, le prenant par la peau du cou comme on prend les chatons avait noté Nadine sortie de bonne heure pour voir des centaines de gens dormir sur les trottoirs . Avec l'argent que nous avions donné la veille la jeune maman va chez le médecin . Le bébé avait l'épaule disloquée ! Nadine dont le cœur est gros comme un orphelinat tout entier en fut forcément remuée.Ces jeunes femmes dorment chaque nuit dehors . Le bébé y est né ( derrière un sari déplié et tendu, nous ont-elles expliqué). Peut-être sa maman a roulé sur la petite épaule, peut-être un des autres enfants l'a soulevé par le bras brutalement , peut-être même, pensai-je avec horreur, le pied d'un passant ... Je le regarde dans les bras de sa toute jeune maman ouvrir néanmoins ses grands yeux bruns sur un monde qui certes ne l'acceuille pas bien , heureusement pour le moment il a le refuge d'un sein ...

A la rue





La deuxième approche ne fut pas facile . Comme nous avions 5 h de retard et comme nous n'avions pas téléphoné pour la confirmer - impossible de recharger le téléphone en train -nous n'avions plus la chambre réservée depuis ma précédente visite, alors ce fut la course dans le quartier pour essayer de se loger . On a fini par passer 4 heures sous les toits en sueur avant de se décider à payer une nuit supplémentaire... ailleurs ...La route avec ses aléas . Nous n'étions pas perdues pour ça parce que les mendiantes de la rue n'avaient certes pas oublié mon visage et nous avons tout de suite eue la "queue" pourrait-on dire assortie de disputes . "C'est moi disait la vieille qui ai connu Aunty en premier ! - "Oui répondait la plus jeune mais c'est de mon bébé qu'elle veut s'occuper". "Et de mes enfants" disait la moyenne" c'est à notre tour " ... c'est sûr que de voir un bébé de 6 semaines dormir sur le trottoir ne nous laisse pas indifférentes . Nadine avait apporté du savon, des gants de toilette, des vêtements mais ce qu'elles voulaient toutes c'était des sous ou de la nourriture : 5 kgs de riz, du lait en poudre . Nous les soupçonnions d'utiliser ce subterfuge plusieurs fois par jour et d'avoir un accord avec le vendeur qui leur reprend ensuite la marchandise en faisant une petite marge bénéficiaire mais après tout ça ne nous concerne pas . Dès le premier soir nous nous sommes engagées à aider 2 des jeunes femmes à se loger avant la mousson . Un chambre dans ce quartier touristique disaient -elles qui les abriterait toutes deux avec leurs 4 enfants coûterait 2000 roupies par moi ( 35 euros , ce qui nous parût cher en comparaison d'autres loyers dont nous avions entendu parler ) et ça elle pourrait le mendier mais il leur fallait 4000 roupies de caution soit 2 mois d'avance pour s'assurer la chambre . Évidemment elles les auront ! Espérons qu'elles s'en serviront vraiment pour épargner à leurs merveilleux petits, les déluges ! Tout au long de notre séjour ,ce qu'elles ont indubitablement reçu quotidiennement c'est leur lot d'affection. La petite fille de la "moyenne en âge" avait adopté nadine et se précipitait chaque matin dans ses bras avec des yeux d'étoiles . C'était un bonheur de les voir jouer ensemble .

mercredi, avril 21, 2010

Retard , retard





Les horaires des indian railways sont on ne peut plus souples si on les compare à ceux de la SNCF ! Nous avions 4 h 30 de retard en atteignant Calcutta , la plus grande gare de l'Inde. Près de 17 heures pour couvrir les 695 kms ! Le chauffeur de taxi venu à la gare nous accueillir à 6 H 30 comme prévu n'était plus là évidemment, à 11 heures quand nous débarquions de l'Express dans laplus grande ville d'Asie ! Qu'à cela ne tienne ! Il y en avait des centaines prêts à prendre sa place. La gare se trouve près du pont Howrah , un des symboles de Calcutta, un grand monstre métallique cçonstruit en 1943. Un million de piétons, plus tous les rickshaws, vélos, charrettes le traversent chause jour . Cette marée humaine fut la première vision que Nadine eût de la Cité de la Joie, où dès en revenant je me sentis "comme à la maison".

Le train pour Calcutta



En voilà un qu'on a bien failli ne pas avoir . Deux beaux jeunes hommes pourtant portaient sur leur tête nos bagages . Peut être était-ce qui les empêchait de lire les informations . Toujours est-il que nous voilà sur notre quai supposé en train d'attendre au milieu d'une foule bigarrée, effervescente et illettrée si c'est être illettré que de ne pas entendre l'anglais . Le temps passait ! Quand un de nos porteurs débarque gesticulant pour nous faire comprendre qu'il pense, qu'il croit, qu'il sait que nous ne sommes pas au bon endroit au bon moment . Tirant Nadine ( qui vu mon handicap n'a jamais le choix et est toujours celle qui se démène) par la manche qu'elle n'a pas , les voilà qui tous les deux grimpent les escaliers escarpés pour courir vers le bureau d'information et s'en assurer ! Le temps passait toujours ! Revenant en courant ils précisent qu'en effet nous devrions être sur le quai d'en face . Chambardement ! Heureusement notre consciencieux samaritain ne nous a pas lâchées et nous a installées avec nos bagages enchaînés à notre juste place. Nadine qui avait apprécié le premier voyage en train de nuit vers Varanasi aurait pu s'inquiéter de voir la différence de confort qu'elle allait devoir gérer mais toujours de bonne composition elle a trouvé l'expérience d'avance "intéressante et pittoresque " et à la guerre comme à la guerre nous avons entamé, souriantes, notre nuit de grande promiscuité . Nous avions choisi de ne pas utiliser les toilettes du compartiment parce que rien qu'à passer devant l'odeur nous en avait été insupportable . Mais Nadine eut la bonne idée de couper nos bouteilles d'eau en plastic par moitié afin que nous ayons chacune un petit pot de chambre, étroit certes mais étanche, à disposition . Elle n'eut pas à se servir du sien . Moi le plus silencieusement et discrètement possible je fis du goutte a goutte vers 4h du matin pour me soulager la vessie et balançai sans trop de remords et même avec soulagement le contenu de l'utile récipient par la fenêtre ouverte au vent !!!!

Raju à la boutique




Avant de prendre le train nous n'avions que le temps d'aller à la boutique commander le vélo rickshaw neuf et de payer les 170 euros réclamés et vite "sorties du mur " que ça les vaille ou pas ! Nadine qui ne comprenait pas trop l'anglais a su tirer l'argent dans le ATM le plus proche et s'est retrouvée au centre des débats, des envieux, des admirateurs ... Moi j'attendais peinarde dans le rickshaw de Bathia que la transaction se fasse . Raju ne se tenait plus d'aise: il faut dire que sa vie venait de changer . Se voir offrir 1200 roupies supplémentaires chaque mois pendant des années c'est un cadeau très apprécié et quand on pense qu'on peut à Paris les dépenser à 4 pour un dîner c'est le cœur léger et gai que nous sommes parties vers la gare après avoir rendu visite à un numérologue musulman très religieux qui nous a lu dans sa bible à lui, pour 20 roupies, nos merveilleuses qualités tout en nous recommandant de ne pas les oublier et de les exercer au jour le jour tant qu'à faire.

Bathia





Bathia notre chauffeur de rickshaw était d'une grande discrétion, efficace, affable. C'est le guide parlant le français qui était allé le héler pour nous au bout de notre ruelle afin que je fasse le moins de pas possible. Et depuis ce premier matin, il nous trimballait avec une ponctualité remarquable . Il nous avait confié qu'il avait eu 3 filles avant d'avoir un fils enfin ! Évidemment nous avons souhaité rencontrer ce bébé tant désiré ! Je suppose que la maison n'eût pas été assez propre à son avis si il nous y avait mené de suite mais rendez vous fut pris avec sa femme par téléphone pour que nous rencontrions sa famille lors de notre dernière matinée dans la ville ( matinée de "rabe" en quelque sorte).Bathia est venu nous chercher dans notre agréable hôtel Suria , qui fut l'ancienne résidence du roi du Népal, pour nous conduire chez lui . Si l'on peut appeler ça un chez soi . Une pièce de 2 m 20 sur 2 m , au rez de chaussée, sans lumière autre que celle de la porte ouverte sur la courette commune . Il y avait les traces de grand lavage . Les 4 enfants étaient là, endimanchés, ripolinés, c'est à dire que les 3 files n'étaient pas allées à l'école pour que nous puissions les rencontrer. Le bébé de 3 mois objet de la plus grande fierté était dans les bras de la mère vêtue de son plus beau sari. Inutile de vous dire que le tableau de cette famille dans ce trou à rats était émouvant et que notre généreuse Nadine n'en menait pas large ! Il y avait là aussi un Raju,l'ami "cousin -frère" de Bathia ici en chemise blanche ) . Bathia lui avait demandé de ne pas travailler afin de nous recevoir car l'anglais du cousin était nettement meilleur que le sien. Nous nous assîmes sur le lit unique , pas un lit d'ailleurs puisqu'il n'y avait pas de matelas sur cette planche de bois recouverte d'un tissu.Et Bathia s'empressa d'aller acheter 2 cocas . Raju faisait l'essentiel de la conversation et l'intermédiaire. Nous apprîmes ainsi que lui même était pédaleur , c'est à dire qu'il conduisait un vélo rickshaw . Il nous montra un petit carnet de félicitations où plusieurs français avaient écrit qu'il pouvait se prétendre meilleur coureur que ceux du tour de France... Mais c'était surtout sa gentillesse , son honnêteté qui faisaient l'objet des félicitations . Il nous a dit qu'il louait son vélo 40 roupies par jour . On a vite fait le calcul : 40 roupies par jour c'est 1200 par mois ( 20 euros) , le prix d'un loyer d'une pièce ( c'est ce que Bathia paye pour leur insalubre taudis). Nadine devait penser à nos belles maisons, à nos espaces verts, aux études des enfants car elle s'est engagée sur le champ : Raju allait avoir ici , maintenant tout de suite , un vélo banquette neuf . Et quand elle rentrerait elle se faisait fort de récolter les 2400 euros nécessaires pour que Bathia ait lui aussi un auto -rickshaw bien à lui et cesse de payer à un propriétaire le prix exorbitant de 3 euros et demi par jour avant de pouvoir commencer à songer à gagner de quoi nourrir sa grande famille .

Un jour supplémentaire



Nous allions fermer nos bagages pour être prêtes le 8 au soir et prendre notre train pour Calcutta quand sur la demande de Nadine j'ai vérifié nos billets pour me rendre compte que nous ne partions que le lendemain !!! Fatiguées par l'agitation des ghâts mais surtout épuisées par la chaleur et par les centaines de marches à gravir dans ce quartier remarquable nous nous en sommes éloignées - non sans avoir fait les traditionnelles emplettes pashmina! - pour nous réfugier dans un hôtel avec spa et piscine au calme, au frais, au vert à la limite de la ville ... Un délice ! De voir du vert surtout , de ne plus être au centre de la poussière... Nous nous y sommes reposées , avons dîné dehors aux chandelles , avons discuté de la situation de notre cher Bathia qui avait eu la bonne idée de nous faire visiter sa famille. Discuté la situation de son "cousin-frère" Raju et nous avons , enfin Nadine a , commencé à envisager la tournée des bonnes œuvres .

Varanasi roof tops





Après ces 18 heures nous nous sentions chez nous . Nous avions rencontré du monde , un couple d'espagnols en route pour Katmandou dont nous partagions volontiers la table pour le partage d'une Kingfisher bien fraîche , un jeune indien guide de son état sans doute qui lisait Sartre et parlait un excellent français . Il nous dit qu'un ami qui travaillait à Nouvelles Frontières lui envoyait ses groupes et que c'est comme ça qu'il apprend . Notre chauffeur de rickshaw toujours le même : Bathia. Notre batelier qui avait une petite fille de 10 ans, MIA douée pour le commerce des bougies flottantes et une femme silencieuse qui l'attendait des heures assise sur les escaliers. Le groupe d'enfants de notre ruelle évidemment et bien sûr le jeune garde du corps déjà mentionné et que nous avions trop envie d'embarquer pour le faire étudier tellement il respirait l'intelligence ! Plus tous les gens croisés qui n'ont cessé de manifester de la gentillesse à notre égard , du chausseur qui a pris tout son temps pour me vendre des sandales confortables d'une valeur de 4 euros au fabricant de foulards qui a eu la gentillesse de nous offrir - après que Nadine eût acheté deux pashminas- des foulards en coton qu'il a fait tremper dans l'eau froide et essorer avant de nous les mettre sur les épaules afin de nous rafraîchir après nous avoir fait servir des boissons fraîches.

mardi, avril 20, 2010

Eh bien oui !


« Lorsque nous avons atteint un état de liberté intérieur à l’égard des émotions,
cela signifie pas que nous soyons apathique et insensible,
ni que l’existence perde ses couleurs pour autant.
Simplement au lieu d’être constamment le jouet de nos pensées négatives,
de nos humeurs et de notre tempérament,
nous en sommes devenus maîtres. »
Mathieu RICARD.
Transmis par Véro Héno . Merci Véro.

J'ai épuisé mon quota de photos à poster .
j'ai racheté de l'espace Google et j'attends depuis 24h l'autorisation de l'utiliser . C'est ce qui explique que vous aurez des textes sans photos pendant un jour ou deux . Alors ni pensées négatives , ni humeurs, ni tempérament...Quel bon entraînement !

Rituels du matin














Le bougies ont flotté longtemps le soir au milieu de centaines d'autres et puis est venu ce matin du 7 avril où nous devions voir se lever le soleil sur le Gange. Alors là que d'émotions . La ballade de deux heures fut trop courte car non seulement vous entrez dans la plus merveilleuse salle de bains qui soit mais encore à l'école, au temple , à la laverie , chez les pêcheurs , chez les sadhus , dans les cœurs : une merveille !